La Forêt Privée en Province de Luxembourg

Bienvenue à toutes et à tous!

Vous êtes sur le site du groupement des propriétaires privés de la province de Luxembourg.
Ce site est ouvert gratuitement au public.

ASSOCIATION DES PROPRIETAIRES FORESTIERS PRIVES DE LA PROVINCE

DE Luxembourg

Chers amis,

 

Nous nous sommes réunis le vendredi 26 mars 2010 à Fauvillers et nous avons suivi l’ordre du jour que nous nous étions fixés. Nous vous rendons compte ici, point par point, du résultat de nos discussions.

 

  1. Dégâts de cervidés : évolution, réactions diverses, protection préventive, …

 

Il est apparu clairement que les dégâts se multiplient et s’aggravent : ils sont parfaitement visibles dans les jeunes plantations (abroutissement) et dans les peuplements plus âgés (écorcement), et équivalents mais insuffisamment évalués dans les semis naturels (ce qui concerne davantage les forêts publiques). De jeunes plantations sont détruites, mais il y a plus grave encore, l’écorçage de peuplements d’épicéas et douglas de 20 à 35 ans, âges auxquels les dégâts sont irréparables : ces peuplement ne pourront être maintenus jusqu’à l’âge normal de maturité économique.  Plusieurs d’entre nous en sont affectés et de ce fait très mécontents.

 

Il est également évident que ces dégâts sont le résultat de la surpopulation des cervidés (trois fois trop nombreux) ; à présent, ils se répandent et se multiplient de plus en plus en dehors de leur territoire originel que sont les grands massifs (par exemple en Gaume, au nord de Bastogne, etc.). Et pourtant, si la raison primait, la densité de cervidés pourrait être réduite à un niveau acceptable (en moyenne, 20 à 25 bêtes aux 1.000 hectares) en deux ans.

 

Nos chasseurs locaux sont dans l’incapacité de remédier à cette situation car ils sont pied et poing liés aux quotas que leur attribuent les Conseils Cynégétiques. Nous avons d’ailleurs suffisamment de recul pour savoir qu’avant la création de ces Conseils, nous n’avions pratiquement pas de dégâts dans nos propriétés privées: les chasseurs étaient heureux et les sylviculteurs aussi ; cependant, les dégâts étaient parfois importants dans les grands massifs, tels que Mellier par exemple, gérés à une époque en toute impunité par les chasseurs.

 

Certains Conseils Cynégétiques semblent refuser de prendre leurs responsabilités comme ce fut récemment le cas à Anlier : pour s’en convaincre, il suffit de lire la lettre du conseil d’administration du Conseil Cynégétique d’Anlier et autres lieux dans notre site internet www.fppl.be (rubrique « dégâts forestiers », sous le titre « Prévention des dégâts de cervidés en forêt en l’absence de bail de chasse »). Cette lecture est édifiante : le plan de tir global est autorisé par le DNF de la Région Wallonne ; le Conseil le répercute sur les membres du Conseil titulaires d’un territoire de chasse ; c’est au locataire du droit de chasse qu’il incombe de gérer son quota en fonction des dégâts potentiels et de prévenir les dommages du gibier par les moyens les plus adéquats !… On croit rêver.

 

 

Dans notre assemblée, les propriétaires lésés ont décidé de se défendre notamment en justice, et éventuellement de s’associer au locataire du droit de chasse pour mettre en accusation le Conseil Cynégétique de leur ressort… à moins que celui-ci ne se retourne contre la Région Wallonne qui autorise le plan de tir global ! Quelle pagaille en perspective !

 

Les propriétaires étant gens prudents et parcimonieux, nous leur avons transmis un document de Me Nathalie LEQUEUX traitant des frais et honoraires d’avocat et des frais pour la partie qui perd le procès, comprenant aussi la copie du règlement du 27 novembre 2004 relatif à l’information à fournir par l’avocat à ses clients en matière d’honoraires, de frais et débours (ce texte sera encore amélioré prochainement et accessible sur notre site aux membres en règle de cotisation).

 

Pour compléter l’information, l’un d’entre nous ayant fait allusion à l’article que vient de publier dans « Silva Belgica », M. SNYERS, Président de l’association des propriétaires ruraux de Wallonie (NTF), nous reproduisons un peu plus loin les réflexions d’Anne BARY-LENGER à propos de la chasse suite à la lecture de cet article. Notons que l’assemblée a approuvé ses conclusions.

 

Enfin, il est certain que les propriétaires forestiers ne sont pas adversaires de la chasse, mais étant eux-mêmes chasseurs ou non, ils n’acceptent pas que la chasse soit dominée par des chasseurs qui ne voient que leur plaisir et leurs profits sans aucune considération pour notre province, ses habitants et sa forêt. Ils invoquent en outre le fait que la chasse rapporte plus aux propriétaires publics ou privés que la sylviculture, ce qui est notoirement inexact.

 

 

  1. Bail de chasse

 

Nous ne nous sommes pas beaucoup étendus sur le sujet car il est l’étude. Le groupe  est constitué de MM. SEYLL, JF de le COURT, Philippe d’OTREPPE, Jean-Paul van ZUYLEN et Stéphane COOMANS auxquels s’est jointe Me Nathalie LEQUEUX.

 

  1. Tempête et chablis

 

La tempête Xynthia a causé le plus souvent des dégâts éparpillés dans les peuplements, qui ne semblent pas trop émouvoir l’assemblée des propriétaires, d’autant plus que le marché des bois reste assez stable.

 

  1. Notre site internet : www.fppl.be

 

Etant en ordre de marche,  nous avons cherché à le faire connaître par une publicité répétée 4 semaines de suite dans la Lorgnette du Luxembourg et le Sillon Belge. Partant de zéro en avril 2009, nous avons atteint en février 2010 une moyenne de 78 visites par jour et le 26 mars 62 visites journalières.

 

  1. Divers

Néant.

 

René SEYLL, 4 avril 2010




REFLEXIONS D’ANNE BARY-LENGER (A.B-L) A PROPOS DE LA CHASSE

(suite à la lecture de l’article de M. Etienne SNYERS paru ces jours-ci dans Silva Belgica sous le titre : Echos des régions – Encore et toujours la chasse en forêt)

 

Monsieur SNYERS est président de l’association des Propriétaires ruraux de Wallonie (NTF) : c’est à ce titre qu’il s’exprime en précisant que NTF défend les intérêts des propriétaires et n’est pas le représentant des chasseurs.

 

D’une part, M. SNYERS s’émeut de la situation des “petits propriétaires se trouvant totalement démunis et exaspérés face aux dégâts forestiers ». Il ajoute avec raison que « sur les propriétés de plus de 50 ha d’un seul tenant, où le droit de chasse peut être exercé ou loué, divers moyens s’offrent au propriétaire allant des dispositions du bail de chasse à la demande d’un permis de destruction. Ces moyens ne s’offrent pas aux innombrables propriétés petites ou morcelées qui se trouvent sans aucun pouvoir de négociation ».

 

A.B-L : La loi sur les 50 ha est à l’origine de tous nos malheurs… elle a été voulue à l’époque, notamment, par les propriétaires-chasseurs qui détenaient plus de 50 ha d’un seul tenant ; bien que n’étant qu’une minorité, ils avaient seuls voix au chapitre. Ce fut une grave atteinte au droit de propriété.

 

Etant cependant lui-même chasseur par tradition, M. SNYERS ne songe qu’à se tourner vers les chasseurs en leur indiquant que « c’est une impérieuse obligation pour eux d’intervenir s’ils veulent éviter qu’une législation ne prenne la défense du propriétaire forestier comme cela a été le cas pour l’agriculture ».

 

A.B-L : En fait, je pense que le rôle des propriétaires forestiers consiste à accueillir les chasseurs comme ils l’ont toujours fait, en les respectant et en leur demandant de respecter l’intégrité des lieux dont ils ne sont pas propriétaires. Dans ce même esprit, je pense aussi que le montant des locations doit être complété d’une indemnité forfaire « dégâts », et de protections préventives des peuplements à des moments cruciaux. Je pense enfin que la législation doit prendre la défense du propriétaire forestier au même titre que celle de l’agriculteur (c’est-à-dire sans contre-partie ni obligation particulière) : nos récoltes se valent ; en d’autres termes, les sylviculteurs doivent être libres de gérer leur forêt comme ils l’entendent, sans aucune ingérence des chasseurs.

 

D’autre part, M. SNYERS estime que « la chasse est essentielle pour la plupart des propriétaires. Non seulement pour le complément de rentabilité qu’elle apporte, mais aussi et surtout parce que, pour beaucoup d’entre nous, elle est indissociable de la jouissance entière de notre propriété »

 

A.B-L : La rentabilité n’existe que dans les cas où les chasseurs – malheureusement rares - sont respectueux des lieux et prennent les dispositions nécessaires pour éviter toute surpopulation ; dans les autres cas, le prix de la location ne suffit pas à couvrir les dépenses de protection des peuplements et de réparation des dégâts…

(Je n’ai jamais été aussi heureuse qu’au lendemain de la guerre alors que mon père avait rendu la chasse banale au profit des chasseurs locaux en vertu du principe que les plaisirs de la terre revenaient à ceux qui la cultivaient… nous plantions sans risque de dégât ! ).

 

M. SNYERS note que « les hyperdensités permises entre autre par l’usage excessif qui est  fait du nourrissage dit dissuasif sont un danger. Il semble bien difficile d’amener certains à la raison, d’année en année la dérive s’amplifie et les abus spectaculaires sont connus de tous. Des tableaux journaliers dignes des chasses princières d’ancien régime ne sont plus rares et font scandale dans beaucoup de milieux, ceci risque bien d’enlever tout légitimité à la chasse ».

 

 

A.B-L : Cette description est remarquable. Il est à présent évident que la chasse est devenue une énorme source de revenus pour « les nouveaux et richissimes chasseurs » qui sont, semblerait-il, très influents en haut lieu et iraient jusqu’à menacer, par exemple, l’emploi en Wallonie pour convaincre nos dirigeants. C’est ainsi que les propriétaires forestiers, publics et privés, sont plus que jamais une commission d’assistance publique au profit de ces chasseurs abusifs et sans cœur.

 

Enfin, M. SNYERS termine par un plaidoyer : « Si le but est bien de trouver une solution équilibrée durable, il n’y a pas de recette toute faite et les solutions du type « il n’y a qu’à » ne sont pas de mise. Cet objectif passe par la recherche d’un pacte de la chasse en forêt. Il faut ouvrir un vrai débat où se trouvent à égalité les chasseurs, les environnementalistes, les agriculteurs et les propriétaires publics et privés. Il est dangereux de dresser ces intervenants l’un contre l’autre en recherchant de vaines épreuves de force. Une solution, pour être durable, doit impérativement être portée face à l’opinion publique par tous les intervenants agissant en commun. Pour ce qui concerne les propriétaires privés chasseurs, une communauté de vue est plus aisée et peut-être faut-il commencer par cela.

 

A.B-L : Si ces suggestions se réalisent, les petits propriétaires forestiers privés et/ou morcelés seront une fois de plus abusés au nom de la légitimité des chasseurs propriétaires forestiers de plus de 50 ha, et des objectifs des propriétaires forestiers publics (communaux, régionaux + DNF), des environnementalistes et des centaines d’A.S.B.L. qu’ils représentent, des agriculteurs qui sont heureusement protégés et ne demandent qu’à le rester… et finalement de l’opinion publique !

Je dis souvent que si j’avais 25 ans, je quitterais cette région sans esprit de retour…ce que je ferai bientôt sans regret alors que j’ai 82 ans.

Pour ma part, je pense que nous devons définitivement mettre fin à cette ambigüité qui tient au fait qu’on rassemble dans un même panier les propriétaires forestiers privés et les chasseurs-propriétaires forestiers privés. Ceci est parfaitement illustré par l’article de M. SNYERS (les chasseurs-propriétaires semblent prévaloir).

Il est à mon avis souhaitable qu’avant tout, les propriétaires forestiers privés, qu’ils soient chasseurs ou non, prennent la parole après avoir fixé leurs objectifs, car ce sont eux qui sont lésés, leur sylviculture qui est mise en péril, leur autorité qui est sapée et leur liberté d’entreprendre qui est chaque jour plus limitéeQue je sache, ils n’ont pas démérité. J’ajouterai qu’en agissant ainsi, ils ne se dresseront contre personne, mais rappelleront leur existence et se feront respecter.

 

 

Anne Bary-Lenger

25 mars 2010

 

 

 

 

 

 


 

Chers Amis,

 

Nous ne sommes pas morts !  Bien au contraire… Depuis notre dernière réunion, nous avons travaillé.

 

1)      Avec l’aide de Vincent SEYLL et de M. François SASS, informaticien, nous avons perfectionné notre site internet www.fppl.be. Celui-ci est ouvert au public. Pour faire connaître notre site, une petite annonce paraîtra quatre semaines de suite dans la Lorgnette/Vlan distribué dans tout le Luxembourg, dans le journal La Meuse et dans le Sillon belge.

2)      Maître Nathalie LEQUEUX, avocate à Arlon ( Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ), vous a rendu compte lors de notre dernière réunion de ses conclusions juridiques à propos des dégâts de gibier dans les plantations forestières. Sa collaboration nous est acquise et se poursuivra à l’avenir.

3)      Nous débutons un examen des baux de chasse adoptés par le DNF et par certains propriétaires privés. Notre objectif est de proposer un type de convention adapté aux propriétés privées du Luxembourg (Ardenne et Gaume) de toutes dimensions à partir de plus ou moins 1 ha.

4)      Nous recherchons les meilleurs moyens de protéger nos peuplements de la dents du gibier (plantations de feuillus et résineux, semis naturels, résineux en âge d’élagage,…). Nous vous demandons de nous faire connaître vos expériences éventuelles.

5)      En l’absence de convention particulière avec les chasseurs, nous suggérons que les propriétaires forestiers leur proposent de prendre en charge les frais de protection des arbres aux moments où ceux-ci sont le plus exposés à la dent du gibier. Nous vous ferons part d’un premier accord amiable obtenu dans ce sens.

6)      Les collaborateurs les plus actifs de notre association sont actuellement Anne Bary-Lenger, Stéphane Coomans, JF de le Court, Jean-Paul van Zuylen et Vincent Seyll. Nous serions heureux que d’autres les rejoignent. Nous vous invitons à nous faire part de vos expériences et résultats, et à participer à l’un ou l’autre groupe de travail (baux de chasse, protection des arbres, choix des essences adaptées au réchauffement climatique, par exemple). Dans ce dernier cas, faites-nous connaître vos préférences ou proposions éventuelles.

 

Nous organiserons une réunion dès que l’hiver sera terminé et que les routes seront parfaitement praticables.

 

Avec mes meilleures salutations.

 

 

René SEYLL

13.01.2010